• Les Frelons et les mouches à miel.(Fable de Lafontaine)

     

     



     

     

     

    Jean de lafontaine

    Les Frelons et les Mouches à miel est la vingt-et-unième fabledu livre I de 

     Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine,

    édité pour la première fois en 1668.

     


    Les Frelons, & les Moûches à miel.


    A l’œuvre on connoiſt l’Artiſan.
    Quelques rayons de miel ſans maiſtre ſe trouverent.
        Des Frelons les reclamerent.
        Des Abeilles s’oppoſant, 
    Devant certaine Gueſpe on traduiſit la cauſe.
    Il eſtoit mal-aiſé de décider la choſe.
    Les témoins dépoſoient qu’autour de ces rayons
    Des animaux aîlez bourdonnans, un peu longs,
    De couleur fort tannée ; & tels que les Abeilles,
    Avoient long-temps paru. Mais quoy, dans les Frelons
        Ces enſeignes eſtoient pareilles.
    La Gueſpe ne ſçachant que dire à ces raiſons,
    Fit enqueſte nouvelle ; & pour plus de lumiere
        Entendit une fourmilliere.
        Le point n’en pût eſtre éclaircy.
        De grace, à quoy bon tout cecy ?
        Dit une Abeille fort prudente. 
    Depuis tantoſt ſix mois que la cauſe eſt pendante,
        Nous voicy comme aux premiers jours.
        Pendant cela le miel ſe gaſte.
    Il eſt temps deſormais que le Juge ſe haſte :
        N’a-t-il point aſſez leché l’Ours ?
    Sans tant de contredits, & d’interlocutoires,
        Et de fatras, & de grimoires,
        Travaillons, les Frelons & nous :
    On verra qui ſçait faire avec un ſuc ſi doux
        Des cellules ſi bien baſties.
        Le refus des Frelons fit voir
        Que cet art paſſoit leur ſçavoir :
    Et la Gueſpe adjugea le miel à leurs parties :
    Pluſt à Dieu qu’on reglaſt ainſi tous les procez ;
    Que des Turcs en cela l’on ſuiviſt la methode : 
    Le ſimple ſens commun nous tiendroit lieu de Code.
        Il ne faudroit point tant de frais.
        Au lieu qu’on nous mange, on nous gruge ;
        On nous mine par des longueurs :
    On fait tant à la fin, que l’huiſtre eſt pour le Juge,
        Les écailles pour les plaideurs.

     

    ==================================


      Les Frelons et les mouches à miel.

     A l'oeuvre on connaît l'Artisan. 

    Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent : 
    Des Frelons les réclamèrent ; 
    Des Abeilles s'opposant, 
    Devant certaine Guêpe on traduisit la cause. 
    Il était malaisé de décider la chose. 
    Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons 
    Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs, 
    De couleur fort tannée*, et tels que les Abeilles, 
    Avaient longtemps paru. Mais quoi ! dans les Frelons 
    Ces enseignes étaient pareilles. 
    La Guêpe, ne sachant que dire à ces raisons, 
    Fit enquête nouvelle, et pour plus de lumière 
    Entendit une fourmilière. 
    Le point n'en put être éclairci. 
    "De grâce, à quoi bon tout ceci ? 
    Dit une Abeille fort prudente, 
    Depuis tantôt six mois que la cause est pendante, 
    Nous voici comme aux premiers jours. 
    Pendant cela le miel se gâte. 
    Il est temps désormais que le juge se hâte : 
    N'a-t-il point assez léché l'Ours ? 
    Sans tant de contredits, et d'interlocutoires.Et de fatras, et de grimoires, 
    Travaillons, les Frelons et nous : 
    On verra qui sait faire, avec un suc si doux, 
    Des cellules si bien bâties. " 
    Le refus des Frelons fit voir 
    Que cet art passait leur savoir ; 
    Et la Guêpe adjugea le miel à leurs parties. 
    Plût à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès ! 
    Que des Turcs en cela l'on suivît la méthode* ! 
    Le simple sens commun nous tiendrait lieu de Code ; 
    Il ne faudrait point tant de frais ; 
    Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge, 
    On nous mine par des longueurs ; 
    On fait tant, à la fin, que l'huître est pour le juge, 
    Les écailles pour les plaideurs.

     

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  • Commentaires

    9
    Jeudi 19 Avril 2012 à 23:18

    J'aime bien les jugements rapides !! Bonne soirée, bises Nadia

    8
    Jeudi 19 Avril 2012 à 17:21

    et une plus

    7
    Jeudi 19 Avril 2012 à 16:40

    Bonjour Nadia-Vraie,

    Une nouvelle fable très intéréssante. J'ai voté pour ti : 1062/1ère.

    Bonne journée.... fabuleuse,

    Bises.

    6
    Jeudi 19 Avril 2012 à 16:17

    Je ne connaissais pas cette fable où j'ai remarqué que l'on trouve une allusion à l'huitre et les plaideurs.
    Bonne soirée

    5
    Jeudi 19 Avril 2012 à 15:54

    une redecouverte pour moi cette fable merci nadia

    bisous

    4
    Jeudi 19 Avril 2012 à 14:51

    Juste une bises en passant....

    3
    Jeudi 19 Avril 2012 à 12:14

    bonjour Nadia !!
    je découvre!!  incroyable tout ce qu'il a écrit !!
    bonne journée -  bisous !

    2
    Jeudi 19 Avril 2012 à 09:23

    Merci pour cette belle fable. Bises et bon jeudi. ZAZA

    1
    Jeudi 19 Avril 2012 à 05:14

    Rien a changé, une des discussions ordnaires de mes parents fut souvent d ordre judiciaire, comment alait on payer l avocat, Cette affaire en vaut elle vraiment la chandelle? Et si le juge dit..... et si un témoin vient raconter que..... J en ai encore la chaire de poule.

    Bonne journée Nadia

    Latil

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