• Les femmes et le secret. (Fables de La Fontaine)

     

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre huitième

    V1

    "Les femmes et le secret"

     

    publié dans la communauté "Réflexion sur divers thèmes" géré par nadia-vraie.

     

     

    VI.
    Les Femmes & le Secret.

     
          Rien ne peſe tant qu’un ſecret :
    Le porter loin eſt difficile aux Dames :
          Et je ſçais meſme ſur ce fait

     

          Bon nombre d’hommes qui ſont femmes.
    Pour éprouver la ſienne un mari s’écria
    La nuit eſtant prés d’elle : ô dieux ! qu’eſt-ce cela ?
          Je n’en puis plus ; on me déchire ;
    Quoy j’accouche d’un œuf ! d’un œuf ? oüy, le voila
    Frais & nouveau pondu : gardez bien de le dire :
    On m’appelleroit poule. Enfin n’en parlez pas.
          La femme neuve ſur ce cas,
          Ainſi que ſur mainte autre affaire,
    Crut la choſe, & promit ſes grands dieux de ſe taire.
          Mais ce ſerment s’évanoüit
          Avec les ombres de la nuit.
          L’épouſe indiſcrete & peu fine,

     

    Sort du lit quand le jour fut à peine levé :
          Et de courir chez ſa voiſine.
    Ma commere, dit-elle, un cas eſt arrivé :
    N’en dites rien ſur tout, car vous me feriez battre.
    Mon mary vient de pondre un œuf gros comme quatre.
          Au nom de Dieu gardez vous bien
          D’aller publier ce myſtere.
    Vous moquez-vous ? dit l’autre : Ah, vous ne ſçavez guere
       Quelle je ſuis. Allez, ne craignez rien.
    La femme du pondeur s’en retourne chez elle.
    L’autre grille déja de conter la nouvelle :
    Elle va la répandre en plus de dix endroits.
          Au lieu d’un œuf elle en dit trois.
    Ce n’eſt pas encor tout, car une autre commere
    En dit quatre, & raconte à l’oreille le fait,

     

          Precaution peu neceſſaire,
          Car ce n’eſtoit plus un ſecret.
    Comme le nombre d’œufs, grace à la renommée,
          De bouche en bouche alloit croiſſant,
          Avant la fin de la journée
          Ils ſe montoient à plus d’un cent.

     

    Source: Fables de La Fontaine : Barbin & Thierry | Georges Couton

     

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    JEAN DE LA FONTAINE

    Livre V111, fable 6

     

    LES FEMMES ET LE SECRET

                   Rien ne pèse tant qu'un secret ; 
          Le porter loin est difficile aux Dames : 
                   Et je sais même sur ce fait 
                   Bon nombre d'hommes qui sont femmes. 
    Pour éprouver la sienne un Mari s'écria 
    La nuit étant près d'elle : Ô Dieux ! qu'est-ce cela ? 
                   Je n'en puis plus ; on me déchire ; 
    Quoi ! j'accouche d'un oeuf ! D'un oeuf ? Oui, le voilà 
    Frais et nouveau pondu. Gardez bien de le dire : 
    On m'appellerait Poule. Enfin n'en parlez pas. 
                   La femme neuve sur ce cas, 
                   Ainsi que sur mainte autre affaire, 
    Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire. 
                   Mais ce serment s'évanouit 
                  ;Avec les ombres de la nuit. 
                   L'Épouse indiscrète et peu fine, 
    Sort du lit quand le jour fut à peine levé : 
                   Et de courir chez sa voisine. 
    Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé : 
    N'en dites rien surtout, car vous me feriez battre. 
    Mon mari vient de pondre un oeuf gros comme quatre. 
                   Au nom de Dieu gardez-vous bien 
                   D'aller publier (1) ce mystère. 
    Vous moquez-vous ? dit l'autre : Ah ! vous ne savez guère 
          Quelle (2) je suis. Allez, ne craignez rien. 
    La femme du pondeur (3) s'en retourne chez elle. 
    L'autre grille déjà de conter la nouvelle : 
    Elle va la répandre en plus de dix endroits. 
                   Au lieu d'un oeuf elle en dit trois. 
    Ce n'est pas encore tout, car une autre commère 
    En dit quatre, et raconte à l'oreille le fait, 
                   Précaution peu nécessaire, 
                   Car ce n'était plus un secret. 
    Comme le nombre d'oeufs, grâce à la renommée, 
                   De bouche en bouche allait croissant, 
                   Avant la fin de la journée 
                   Ils se montaient à plus d'un cent. 

    Source: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/femmsecr.htm

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  • Commentaires

    12
    Jeudi 27 Mars 2014 à 21:59
    erato:

    Ah ces commérages , quelle catastrophe!

    Belle soirée, bises Nadia

    11
    Jeudi 27 Mars 2014 à 18:31

    de quoi faire une bonne hommelette ! 

    10
    Jeudi 27 Mars 2014 à 17:36
    LADY MARIANNE

    encore une fable qui m'est inconnue !!
    une bonne leçon sur le commérage !!  trop bien !!

    9
    Jeudi 27 Mars 2014 à 17:17

    c'est que les commérages vont vite et que tout est transformé à l'autre bout du village beaucoup ne savent pas garder un secret

    8
    Jeudi 27 Mars 2014 à 12:35

    je sais que les gens ne savent pas garder de secrets

    aussi je ne dis que ce que je veux perdre

    mais j'ai 3 amiies qui ont toujours fait preuve de loyauté

    elles ,envers moi 

    et moi , envers elles

    amitiés

    7
    Jeudi 27 Mars 2014 à 10:04

    Je ne la connaissais pas, merci pour cette découverte! je te fais de gros bisous et te souhaite une belle journée!

    6
    Jeudi 27 Mars 2014 à 08:38

    on doit toujours garder les secrets que l'on nous confie - et il est vrai qu'une phrase courte et simple devient une affaire d'état - bisous Mamy Aninnick

    5
    Jeudi 27 Mars 2014 à 08:35

    je découvre bonne journée bisous

    4
    Jeudi 27 Mars 2014 à 08:01

    Je ne la connaissais pas , je suis allée visiter sa maison a Château Thierry et j'y est vu des merveilles tel que le livre d’Ésope , son inspiration pour la fable venait d’Ésope, bien inspiré !

    a bientôt

    lyly

    3
    Jeudi 27 Mars 2014 à 07:41

    Je ne connaissais pas cette fable.
    Bisous et bon jeudi

    2
    Jeudi 27 Mars 2014 à 06:46

    Garder un secret est pas toujours facile mais il le faut  ! bonne journée

    1
    Jeudi 27 Mars 2014 à 06:43

    Bonjour Nadia,

    Je ne me souviens pas de cette fable ... Je sais tenir un secret, non mais !

    Passe une bonne journée, bises, Véronique

    Maroussia :

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