• Le cerveau à tous les niveaux.LES DÉTÉRIORATIONS COGNITIVES ASSOCIÉES À L'ALZHEIMER.no 2 (niveau avancé)

     

     

     

     

     

     

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    LES DÉTÉRIORATIONS COGNITIVES ASSOCIÉES À L'ALZHEIMER,no 2 (niveau avancé)

     

          Peter Whitehouse est un neurologue qui a contribué à l'avènement des premiers médicaments destinés au traitement symptomatique de l’Alzheimer en travaillant durant plus de 30 ans de concert avec l'industrie pharmaceutique. Sans nier l'existence de troubles cognitifs parfois très grave chez la personne âgée, il estime, comme de plus en plus de ses collègues, que ce que l’on appelle « la maladie d'Alzheimer » n'est pas une entité spécifique. Pour lui, il y a trop d’hétérogénéité dans les démences pour qu’on puisse les comprendre avec le modèle actuel d’une « maladie » qu’il considère trop contraignant tant pour les patients que pour la science et la société.

    Pour la même raison, il s’oppose à l’utilisation du concept de « déficit cognitif léger » (« Mild cognitive impairment », en anglais, voir l’encadré à gauche) qui serait un trouble particulier dont les symptômes se situeraient quelque part entre l’état normal et les déficits associés aux autres démences.

    Pour Whitehouse justement, les frontières entre l’Alzheimer et les autres démences ne sont pas bien définies, de sorte que l’Alzheimer n’est pas aussi clairement séparée du vieillissement normal que le modèle biomédical le prétend. D’où l’idée qu’il défend d’un continuum entre différentes expressions du vieillissement, certaines étant plus problématiques que d’autres. Il rappelle que nous évoluons constamment tout au long de notre vie et que les dernières étapes du vieillissement cérébral n’échappent pas à ce continuum.

    On peut voir alors les différences entre les personnes âgées comme le résultat des nombreux facteurs qui les ont influencés durant leur vie. Des facteurs biologiques comme les problèmes cardiovasculaires, l’insomnie, le diabète, l’alcoolisme ou les traumatismes crâniens. Mais aussi des facteurs psychologiques (stress, anxiété, dépression...) et des facteurs environnementaux, sociaux et culturels (isolement, précarité, nutrition, niveau d'éducation...). Cette multitude de facteurs s’entremêle pour rendre illusoire toute coupure nette entre le «normal» et le pathologique.

    C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe avec le vieillissement d’autres parties du corps que le cerveau. L’état de nos articulations, par exemple, va dépendre de divers facteurs génétiques et environnementaux liés à notre mode de vie. Certains vont s’en tirer avec des problèmes bénins tandis que d’autres vont devoir se résoudre à des pertes, parfois importantes, d’agilité physique. Et dans ce dernier cas, on ne peut pas toujours mettre le doigt sur une seule pathologie qui serait responsable de cette perte de mobilité.

    Parmi les études nous permettant de mesurer les limites de nos connaissances face à ces processus multifactoriels figure la fameuse « étude des nonnes » (« Nun Study », en anglais, voir l’encadré ci-bas). Cette étude a en effet montré que des religieuses au cerveau très atrophié et marqué par de nombreuses « plaques séniles » pouvaient avoir vécu sans les déficits associés à l’Alzheimer. Et l’inverse était également vrai : d’autres religieuses au cerveau presque intact en avaient eu tous les symptômes.

    D’où l’urgence, selon Whitehouse, de reconsidérer ce que nous appelons « la maladie d’Alzheimer » afin que de nombreux adultes encore fonctionnels qui reçoivent ce diagnostic ne se considèrent pas automatiquement dans le couloir de la mort mentale. Verdict qui peut d’ailleurs à lui seul entraîner un déclin des capacités cognitives de l'individu (voir l’encadré tout en bas).

    Selon lui, une autre histoire du vieillissement cérébral est possible, qui met l’accent sur la prévention tout au long de la vie et le soutien psychosocial. Car on sait maintenant que, comme pour de nombreuses autres affections, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une bonne gestion du stress permettent de différer l’apparition des symptômes et d’en ralentir la progression.

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    Crédit photo : Iris Schneider

    Ce que nous devons faire, soutiennent des gens comme Peter Whitehouse, c’est de rendre accessible aux patients démontrant un déclin cognitif des moyens de mobiliser leurs capacités intellectuelles et de conserver une insertion dans la communauté. Voilà pourquoi Whitehouse a créé avec succès à Cleveland, aux États-Unis, une «école intergénérationnelle» où des personnes âgées, y compris celles souffrant de déficits cognitifs, assurent un soutien scolaire à des enfants en difficulté d’apprentissage.

    Des médicaments existent et peuvent avoir des effets bénéfiques (mais aussi secondaire), mais la pharmacologie ne doit pas être la seule option proposée à la personne âgée en perte cognitive qui vient consulter un médecin, estiment de plus en plus de médecins (voir le deuxième encadré ci-bas). Il faut considérer l’ensemble des démarches psychologiques et sociales qui peuvent lui permettre de réduire le plus possible les manifestations problématiques de son vieillissement cérébral.

     

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  • Commentaires

    7
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 23:33

    Un article très intéressant .Bonne soirée, bisous Nadia

    6
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 23:06

    Super intéressante cette série Nadia. Bises bonne soirée

    5
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 20:29

    Passe une belle soirée.

    Bisous xxx

    4
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 15:09

    Une maladie que j'ai côtoyée avec ma maman...très dure pour l'entourage car elle était dans son monde..elle avait perdu la marche, alors qu'elle était apte à marcher, elle ne nous reconnaissait pas, parlait aux meubles, avait une couche, ne savait plus manger...trop triste !! à quoi ça sert de vieillir plus longtemps dans de telles conditions !!

    bisous

    3
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 09:07

    une calamitée,cette maladie!!

    bonne journée

    2
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 08:02

    Moi j'ai des plaques dans le cerveau.
    Des plaques de sclérose...
    Non, ce n'est pas rose. Lol !
    Bisous !

    1
    Jeudi 27 Octobre 2011 à 06:14
    merci pour le partage
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