• Le cerveau à tous les niveaux, LES DÉTÉRIORATIONS COGNITIVES ASSOCIÉES À L'ALZHEIMER,no3 (niveau avancé)

     

     

     

     

     

     

     

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    LES DÉTÉRIORATIONS COGNITIVES ASSOCIÉES À L'ALZHEIMER,

    no3 (niveau avancé) 

     

     

     

    Dans le paradigme actuel, l’association d’une démence à la présence, dans le cortex cérébral, de plaques amyloïdes et de dégénérescences neurofibrillaires est ce qui caractérise la « maladie d’Alzheimer ». Mais l’existence denombreux cas de dissociation constituent autant de résultats anormaux qui ébranlentce paradigme de la science normale actuelle.

    Déjà en 1911, Alois Alzheimer lui-même décrivait le cas de Johann F. dont le cerveau présentait des plaques amyloïdes, mais pas de dégénérescence neurofibrillaire. On parle maintenant d’Alzheimer de type « plaque-only », en anglais, pour décrire ce phénomène.  
    On reconnaît par ailleurs que ni le nombre ni l’étendue des plaques amyloïdes dans le cortex ne montrent de corrélations claires avec les déficits cognitifs observés avant le décès du patient.

    Et à l’inverse, il existe des cas de patients répondant aux critères cliniques de l’Alzheimer, mais qui ne présentent que des dégénérescences neurofibrillaires, sans plaques amyloïdes. Sans parler du fait qu’il est relativement fréquent d’observer des plaques amyloïdes et des dégénérescences neurofibrillaires chez des sujets âgés sans déficit cognitif.

    Que représentent alors ces cas ? Des affections différentes de l’Alzheimer ? Des formes atypiques de la « maladie d’Alzheimer » ? Ou simplement une géographie particulière de l’effet du vieillissement naturel sur certains cerveaux ?Le débat et les recherches se poursuivent

    L’« étude des nonnes » (« Nun Study », en anglais) est une étude sur le vieillissement et la démence qui a débuté vers le milieu des années 1980 et qui a impliqué 678 religieuses catholiques romaines vivant aux États-Unis. Celles-ci avaient accepté de subir toute une batterie de tests cognitifs, de rendre accessibles aux chercheurs leurs écrits autobiographiques, et finalement de donner leur cerveau à leur décès pour une analyse post-mortem.

    La grande valeur de cette étude épidémiologique est qu’elle a pu suivre sur une longue période une population très homogène en terme d’alimentation, d’éducation, de revenu, d’accès aux soins de santé, etc., minimisant ainsi l’influence de facteurs extérieurs souvent incontrôlables dans d’autres études.

    Parmi les résultats les plus intéressants de l’étude, citons le fait que près de 80 % des soeurs dont l’autobiographie écrite au début de la vingtaine était qualifiée de déficiente en “densité linguistique” ont développé l’Alzheimer en vieillissant, alors que seulement 10% de celles dont l’écriture était riche sur le plan linguistique l’ont développé. D’où la conclusion des auteurs que des caractéristiques personnelles du début, du milieu et de la fin de la vie d’un individu peuvent avoir une forte corrélation avec le risque de développer les déficits cognitifs associés à l’Alzheimer.

    L’autre grande question soulevée par l’étude concerne la relation qu’entretiennent les principaux marqueurs biologiques reconnus de l’Alzheimer (les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire) avec les symptômes qui lui sont attribués. Cette relation s’est en effet avérée moins simple et directe qu’on l’avait imaginée. Dans plusieurs cas, des cerveaux disséqués post-mortem montraient des signes de lésion extrêmement avancés alors que la sœur avait d’excellents scores cognitifs avant son décès. Et à l’opposé, certains cerveaux ne montrant que des dommages légers étaient ceux de religieuses qui démontraient un déclin cognitif avancé.

     

     

    Au cours du vieillissement normal, environ la moitié des gens qui atteignent la cinquantaine vont se plaindre de pertes de mémoire. Celles-ci relèvent de mécanismes variés et témoignent le plus souvent d’une moins bonne attention, ce qui affecte négativement le stockage ou le rappel de l’information.

    Moins fréquemment cependant, ces déficits mnésiques isolés peuvent s’accentuer et évoluer vers une démence de type Alzheimer. Le concept de déficit cognitif léger (« Mild Cognitive Impairment », ou MCI, en anglais) a été proposé par Ronald Peterson pour définir un état cognitif plus déficitaire que celui attendu pour l’âge et le niveau socioculturel d’un sujet donné, mais pas suffisamment sévère pour être considéré comme un état démentiel.

    Le déficit cognitif léger repose donc sur l’idée d’un continuum entre le vieillissement cognitif normal et la démence. Mais il ne présuppose pas de mécanisme sous-jacent particulier, de sorte que cette dégradation cognitive « intermédiaire » peut donc avoir des causes multiples.

    On sait que les patients qui ont un déficit cognitif léger ont un risque évalué entre 10 et 15 % par an de développer ultérieurement une démence, alors qu’il n’est que de 1 à 2 % chez des sujets normaux du même âge. Et au terme de 6 ans de suivi, 80 % des patients initialement MCI ont développé une démence.

    Mais ce concept ne nous permet pas de savoir si le déficit cognitif léger correspond à un groupe à risque de démence ou bien simplement aux premiers symptômes d’une démence de type Alzheimer identifiée précocement. Le statut du déficit cognitif léger comme entité propre demeure donc controversé et pose des questions éthiques bien concrètes, notamment sur le bien-fondé ou non de la médication à ce stade.

     

    Suite à un diagnostic de « maladie d’Alzheimer », l’adhésion par le patient aux stéréotypes en vigueur sur les aspects les plus dramatiques du vieillissement cérébral associés à l’Alzheimer pourrait déjà être néfaste à ses capacités cognitives. 

    Dans le domaine du vieillissement physique, des expériences ont en effet montré qu'une personne âgée marche plus lentement lorsqu’elle a lu préalablement une histoire mettant en scène une personne âgée qui se déplace avec difficulté - le stéréotype classique qui veut qu’une démarche ralentie soit le lot de la vieillesse.

    Des résultats similaires ont aussi été obtenus dans le cadre d’expériences sur les troubles de la mémoire chez la personne âgée.

     

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  • Commentaires

    9
    cath l
    Samedi 6 Avril 2013 à 23:47

    Qelle horrible maladie!

    8
    Jeudi 24 Novembre 2011 à 22:23

    Nous avons lu dans la salle d'attente du docteur que le 3ème mari de Brigitte Bardot,  Gunter Sachs, s'est suicidé le 7 mai 2011 car il était atteint de la maladie d'alzheimer.

     

    Le père de ma belle-fille avait aussi cette maladie (je te l'ai peut-être déjà dit...)

     

    Bises. Dani

    7
    Lundi 21 Novembre 2011 à 12:41

    Très intéressants tes articles sur le cerveau Nadia.

    Bonne semaine. Bises. Dani

    6
    Vendredi 4 Novembre 2011 à 19:42

    Très interressant ton article ! Passe une belle journée.

    Bisous xxx

    5
    Jeudi 3 Novembre 2011 à 19:46

    à prendre très au sérieux

    4
    Jeudi 3 Novembre 2011 à 11:35

    bonjour-n-5-312797.gif

    Nadia, bon jeudi à toi !

    3
    Jeudi 3 Novembre 2011 à 09:12

    Très instructif ! bonne journée

    2
    Mardi 25 Octobre 2011 à 11:12

    Un article très intéressant Nadia. Mon papa est décédé de cette fichue maladi en 2002 et il est resté 5 ans déclaré alzheimer. C'est terrible surtout quand il retrouver certains moments de lucidité. Bises

    1
    Mardi 25 Octobre 2011 à 07:37

    Dans mon cerveau il y a des plaques de sclérose.
    Pfffffffffffff !
    Carpe diem !

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