• Le cerf malade. (Fable de Jean de La Fontaine)

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre X11, fable 6

    Le cerf malade

     

     
    Le Cerf malade.

    En païs pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.
    Incontinent maint Camarade
    Accourt à ſon grabat le voir, le ſecourir,
    Le conſoler du moins ; Multitude importune.

     

    Eh ! Meſſieurs, laiſſez-moi mourir.
    Permettez qu’en forme commune
    La parque m’expedie, & finiſſez vos pleurs.
    Point du tout : les Conſolateurs
    De ce triſte devoir tout au long s’acquitterent :
    Quand il plut à Dieu s’en allerent.
    Ce ne fut pas ſans boire un coup,
    C’eſt-à-dire ſans prendre un droit de pâturage.
    Tout ſe mit à brouter les bois du voiſinage.
    La pitance du Cerf en déchut de beaucoup.
    Il ne trouva plus rien à frire.
    D’un mal il tomba dans un pire,
    Et ſe vid reduit à la fin
    À jeûner & mourir de faim.

     

    Il en coûte à qui vous reclame,
    Medecins du corps & de l’ame.
    Ô temps, ô mœurs ! J’ai beau crier,
    Tout le monde ſe fait païer.

     

    Source: Fables de La Fontaine : Barbin & Thierry | Georges Couto
     
     
     
    [139]
    [138]
    [137]
    [136]
    [135]

      JEAN DE LA FONTAINE

    Livre X11, fable 6

    LE CERF MALADE

    En pays pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.
                Incontinent maint camarade
    Accourt à son grabat le voir, le secourir,
    Le consoler du moins : multitude importune.
                Eh ! Messieurs, laissez-moi mourir.
                Permettez qu'en forme commune (1)
    La Parque (2) m'expédie, et finissez vos pleurs.
                Point du tout : les Consolateurs
    De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent ;
                Quand il plut à Dieu s'en allèrent.
                Ce ne fut pas sans boire un coup,
    C'est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.
    Tout se mit à brouter les bois du voisinage.
    La pitance du Cerf en déchut de beaucoup ;
                Il ne trouva plus rien à frire.
                D'un mal il tomba dans un pire,
                Et se vit réduit à la fin
                A jeûner et mourir de faim.
                Il en coûte à qui vous réclame,
                Médecins du corps et de l'âme.
                O temps, ô moeurs (3) ! J'ai beau crier,
                Tout le monde se fait payer. 

     Source:http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/oursamat.htm

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  • Commentaires

    10
    Mardi 10 Mars 2015 à 16:59
    Miaouuuuuuu

    Je ne connaissais pas   ♥

    9
    Mercredi 4 Mars 2015 à 22:35
    erato:

    Je ne connaissais pas cet fable, mais comme toutes les autres , elle est très représentative de la société. Je l'aime beaucoup.

    Douce soirée, bises Nadia

    8
    Mercredi 4 Mars 2015 à 19:08

    Bonsoir

    Je ne connais pas du tout ce poème de Jean De La Fontaine mais il n'est pas gai contrairement aux autres!

    Bisous

    7
    Mercredi 4 Mars 2015 à 16:49

    Ouch ! pas gai du tout cry

    Voilà sans doute pourquoi elle n'est pas connue !?!

    Me fait penser aux "amis" de Job  (accablé de malheurs et gémissant sur son fumier)... qui se "paient" sa tête par dessus le marché....

    Bisous et merci pour cette trouvaille

    6
    rg
    Mercredi 4 Mars 2015 à 12:20
    rg

    je la connaissais même pas celle là! Alors merci Bises Nadia

    5
    Mercredi 4 Mars 2015 à 10:21

    Je ne connais pas non plus bon mercredi bisous

    4
    Mercredi 4 Mars 2015 à 09:53

    Que de fables que l'on ne connaît pas ! bonne journée

    3
    Mercredi 4 Mars 2015 à 09:49

    coucou

    cadeau : un nouveau cluster les chats

    bonne journée

    bisoussssssssss

    2
    Mercredi 4 Mars 2015 à 08:29

    Bonjour Nadia,

    Je ne la connaissais pas celle la, une découverte pour moi. Passe une bonne journée, bises, Véronique

    0-Mon image du jour

    1
    Mercredi 4 Mars 2015 à 07:40

    Je ne la connaissais pas celle -là !

    En fait,il vaut mieux mourir seul que mal accompagné, surtout par des vautours 

    C'est la morale que j'en retire !

    Bisous

    Nicole 

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