• Le Berger et la mer. (Fable de La Fontaine)

     

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre quatrième

    1V

    Fable 2


    Le Berger & la mer

     

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    Le Berger & la mer

    Du rapport d’un troupeau, dont il vivoit ſans ſoins
    Se contenta long-temps un voiſin d’Amphitrite.
    Si ſa fortune eſtoit petite,

    Elle eſtoit ſeure tout au moins. 
    A la fin les treſors déchargéz ſur la plage,
    Le tenterent ſi bien qu’il vendit ſon troupeau,

    Trafiqua de l’argent, le mit entier ſur l’eau ;  

      Cet argent perit par naufrage.

    Son maiſtre fut réduit à garder les Brebis ;
    Non plus Berger en chef comme il eſtoit jadis,

     

    Quand ſes propres Moutons paiſſoient ſur le rivage ;
    Celuy qui s’eſtoit veu Coridon ou Tircis,
        Fut Pierrot & rien davantage.
    Au bout de quelque temps il fit quelques profits ;
        Racheta des beſtes à laine ; 
    Et comme un jour les vents retenant leur haleine,
    Laiſſoient paiſiblement aborder les vaiſſeaux ;
    Vous voulez de l’argent, ô Meſdames les Eaux,
    Dit-il, adreſſez-vous, je vous prie, à quelqu’autre :
        Ma foy vous n’aurez pas le noſtre.

    Cecy n’eſt pas un conte à plaiſir inventé.
        Je me ſers de la verité
        Pour montrer par experience,
        Qu’un ſou quand il eſt aſſuré,
        Vaut mieux que cinq en eſperance :
    Qu’il ſe faut contenter de ſa condition ;
    Qu’aux conſeils de la Mer & de l’Ambition
        Nous devons fermer les oreilles. 
    Pour un qui s’en louera, dix mille s’en plaindront.
        La Mer promet monts & merveilles ;
    Fiez-vous-y, les vents & les voleurs viendront.



      JEAN DE LA FONTAINE

    Livre 1V, fable 2

          LE BERGER ET LA MER 

    (*) Du rapport d'un troupeau dont il vivait sans soins,
    Se contenta longtemps un voisin d'Amphitrite (1):
                Si sa fortune était petite,
                Elle était sûre tout au moins.
    A la fin, les trésors déchargés sur la plage
    Le tentèrent si bien qu'il vendit son troupeau,
    Trafiqua (2) de l'argent, le mit entier(3) sur l'eau.
                Cet argent périt par naufrage.
    Son maître fut réduit à garder les brebis,
    Non plus berger en chef comme il était jadis,
    Quand ses propres moutons paissaient sur le rivage:
    Celui qui s'était vu Coridon ou Tircis (4)
                Fut Pierrot (4) et rien davantage.
    Au bout de quelque temps, il fit quelques profits,
                Racheta des bêtes à laine ;
    Et comme un jour les vents retenant leur haleine
    Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux :
    Vous voulez de l'argent, ô Mesdames les Eaux,
    Dit-il, adressez-vous, je vous prie, à quelque autre:
                Ma foi, vous n'aurez pas le nôtre.

    Ceci n'est pas un conte à plaisir inventé.
                Je me sers de la vérité
                Pour montrer par expérience,
                Qu'un sou quand il est assuré
                Vaut mieux que cinq en espérance (5) ;
    Qu'il se faut contenter de sa condition ;
    Qu'aux conseils de la mer et de l'ambition
                Nous devons fermer les oreilles.
    Pour un qui s'en louera, dix mille s'en plaindront.
                La mer promet monts et merveilles :
    Fiez-vous y, les vents et les voleurs viendront. 

     

    Source: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/lefousages.htm

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     Le Berger et la mer. (Fable de La Fontaine)

     

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  • Commentaires

    10
    Mercredi 11 Juin 2014 à 23:11

    cela montre une fois de plus qu'il faut savoir se contenter de ce qu'on a

    9
    Mercredi 11 Juin 2014 à 22:32
    erato:

    Je ne connaissais pas cette fable . La morale est très sage !

    Douce soirée, bises Nadia

    8
    Mercredi 11 Juin 2014 à 21:31

    la sagesse de nos anciens disait :

    1 vaut mieux que 2 tu l'auras - 

    il y a aussi : 

    ne quittez pas la proie pour l'ombre

    et on peut encore en trouver d'autres

    notre moraliste avait bien étudié la condition humaine

    mais qui l'écoute de nos jours ?

    bises chère Nadia !

     

     

    7
    Mercredi 11 Juin 2014 à 20:05
    LADY MARIANNE

    je ne m'en souviens pas ??  juste la morale oui !
    bonne soirée Nadia-

    6
    Mercredi 11 Juin 2014 à 16:00

    Bonjour Nadia,

    Je ne me souvenais même pas de cette fable ... Bonne journée, bisous, Véronique

    24-Cottages et villages en peinture B ( A.V )

    5
    kas
    Mercredi 11 Juin 2014 à 15:39

    cette fable nous a fait faire... un beau voyage

    merci Nadia

    4
    Mercredi 11 Juin 2014 à 10:28

    Bonjour Nadia, 

    Je ne connaissais pas cette poésie, merci .
    Je te souhaite une très bonne journée.
    Josiane

    3
    Mercredi 11 Juin 2014 à 10:17

    Bel article bonne journée bisous

    2
    Mercredi 11 Juin 2014 à 09:45

    coucou du jour !

    1
    Mercredi 11 Juin 2014 à 09:45

    Belle journée !

    Bisous

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