• La perdrix et les coqs. (Fable de Jean de La Fontaine)

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre dixième

    VII.
    La Perdrix & les Cocs.
       

    Parmy de certains Cocs incivils, peu galans,
    Toûjours en noiſe & turbulens,
    Une Perdrix eſtoit nourrie.

     

    Son ſexe & l’hoſpitalité,
    De la part de ces Cocs peuple à l’amour porté :
    Lui faiſaient eſperer beaucoup d’honneſteté :
    Ils feroient les honneurs de la meſnagerie.
    Ce peuple cependant fort ſouvent en furie,
    Pour la Dame étrangere ayant peu de reſpec,
    Lui donnoit fort ſouvent d’horribles coups de bec.
    D’abord elle en fut affligée ;
    Mais ſi-toſt qu’elle eut vû cette troupe enragée
    S’entrebattre elle-meſme, & ſe percer les flancs,
    Elle ſe conſola. Ce ſont leurs mœurs, dit-elle,

     

    Ne les accuſons point ; plaignons plûtoſt ces gens.
    Jupiter ſur un ſeul modele
    N’a pas formé tous les eſprits :
    Il eſt des naturels de Cocs & de Perdrix.
    S’il dépendoit de moy, je paſſerois ma vie
    En plus honneſte compagnie.
    Le maiſtre de ces lieux en ordonne autrement.
    Il nous prend avec des tonnelles,
    Nous loge avec des Cocs, & nous coupe les ailes :
    C’eſt de l’homme qu’il faut ſe plaindre ſeulement.

      JEAN DE LA FONTAINE

    Livre X, fable 7

    LA PERDRIX ET LES COQS

    Parmi de certains Coqs incivils (1), peu galants,
                   Toujours en noise (2) et turbulents,
                   Une Perdrix était nourrie.
                   Son sexe et l'hospitalité,
    De la part de ces Coqs peuple à l'amour porté
    Lui faisaient espérer beaucoup d'honnêteté (3) :
    Ils feraient les honneurs de la ménagerie (4).
    Ce peuple cependant, fort souvent en furie,
    Pour la Dame étrangère ayant peu de respec (5),
    Lui donnait fort souvent d'horribles coups de bec.
                   D'abord elle en fut affligée ;
    Mais sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée
    S'entre-battre elle-même, et se percer les flancs,
    Elle se consola : Ce sont leurs mœurs, dit-elle,
    Ne les accusons point ; plaignons plutôt ces gens.
                   Jupiter sur un seul modèle
                   N'a pas formé tous les esprits :
    Il est des naturels de Coqs et de Perdrix.
    S'il dépendait de moi, je passerais ma vie
                   En plus honnête compagnie.
    Le maître de ces lieux en ordonne autrement.
                   Il nous prend avec des tonnelles (6),
    Nous loge avec des Coqs, et nous coupe les ailes :
    C'est de l'homme qu'il faut se plaindre seulement.

    Source: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/deperoifis.htm

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     Le Berger et la mer. (Fable de La Fontaine)

     

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  • Commentaires

    5
    Dimanche 14 Décembre 2014 à 16:04

    encore une que je ne connais pas

    4
    Vendredi 12 Décembre 2014 à 14:15

    Une fable inconnue pour moi. Bisous

    3
    Vendredi 12 Décembre 2014 à 11:37
    rené jeanine

    une douce perdrix avec une bande de coqs, on imagine ! merci pour cette belle fable, que je ne connaissais pas, bonne fin de semaine, chère Nadia, bises

    2
    Vendredi 12 Décembre 2014 à 07:51

    Je ne la connaissais pas, mais encore une fois, pleine de vérité !

    Bisous

    Nicole  

    1
    Vendredi 12 Décembre 2014 à 06:17

    Bonjour Nadia,

    Tiens je ne l'ai pas apprise celle la ! Passe une bonne journée, bises, Véronique

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