• LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME. (Fable de Jean de La Fontaine)

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre 2,

    XVIII.

    La Chate metamorphosée en Femme.

     

    Un homme cheriſſoit éperdument ſa Chate ;
    Il la trouvoit mignonne, & belle, & delicate ;
    Qui miauloit d’un ton fort doux.
    Il eſtoit plus fou que les foux. 

    Cet Homme donc par prieres, par larmes,
        Par ſortileges & par charmes,
        Fait tant qu’il obtient du deſtin,
        Que ſa Chate en un beau matin
        Devient femme, & le matin meſme
        Maiſtre ſot en fait ſa moitié.
        Le voilà fou d’amour extrême,
        De fou qu’il eſtoit d’amitié.
        Jamais la Dame la plus belle
        Ne charma tant ſon Favory,
        Que fait cette épouſe nouvelle
        Son hypocondre de mary.
        Il l’amadouë, elle le flate,
        Il n’y trouve plus rien de Chate :
        Et pouſſant l’erreur juſqu’au bout
        La croit femme en tout & par tout.
    Lors que quelques Souris qui rongeoient de la natte 
    Troublerent le plaiſir des nouveaux mariez.
        Auſſi toſt la femme eſt ſur pieds :
        Elle manqua ſon avanture.
    Souris de revenir, femme d’eſtre en poſture.
    Pour cette fois elle accourut à point ;
        Car ayant changé de figure
        Les Souris ne la craignoient point.
        Ce luy fut toûjours une amorce,
        Tant le naturel a de force,
    Il ſe mocque de tout, certain âge accomply.
    Le vaſe eſt imbibé, l’étoffe a pris ſon ply.
        En vain de ſon train ordinaire
        On le veut deſaccoûtumer.
        Quelque choſe qu’on puiſſe faire,
        On ne ſçauroit le reformer.
        Coups de fourche ny d’étrivieres
        Ne luy font changer de manieres ; 
    Et, fuſſiez-vous embaſtonnez,
    Jamais vous n’en ſerez les maiſtres.
    Qu’on luy ferme la porte au nez,
    Il reviendra par les feneſtres.

     
     
     
     
    [139]
    [138]
    [137]
    [136]
    [135]

      JEAN DE LA FONTAINE

    Livre 11, fable XV111

    Voici une fable, dont le thème serait plus proche de celui de la farce ou du conte,

    par laquelle La Fontaine nous montre que "chassez le naturel, il revient au galop". Bonne lecture !

    LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE
    EN FEMME (*)

    Un Homme chérissait éperdument sa Chatte,
    Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
                Qui miaulait d'un ton fort doux :
                Il était plus fou que les fous.
            Cet Homme donc, par prières, par larmes,
                Par sortilèges et par charmes, (1)
                Fait tant qu'il obtient du Destin
                Que sa Chatte en un beau matin
                Devient femme, et le matin même,
                Maître sot (2) en fait sa moitié.
                Le voilà fou d'amour extrême,
                De fou qu'il était d'amitié.
                Jamais la Dame la plus belle
                Ne charma tant son Favori
                Que fait cette Épouse nouvelle
                Son hypocondre (3) de Mari.
                Il l'amadoue (4), elle le flatte ;
                Il n'y trouve plus rien de Chatte,
                Et poussant l'erreur jusqu'au bout,
                La croit femme en tout et partout,
    Lorsque quelques Souris qui rongeaient de la natte (5)
    Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
                Aussitôt la Femme est sur pieds.
                Elle manqua son aventure.
    Souris de revenir, Femme d'être en posture (6).
            Pour cette fois, elle accourut à point ;
                Car ayant changé de figure,
                Les Souris ne la craignaient point.
                Ce lui fut toujours une amorce (7),
                Tant le naturel a de force.
    Il se moque de tout, certain âge accompli.
    Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli.
                En vain de son train ordinaire
                On le veut désaccoutumer.
                Quelque chose qu'on puisse faire,
                On ne saurait le réformer.
                Coups de fourche ni d'étrivières (8)
                Ne lui font changer de manières ;
                Et, fussiez-vous embâtonnés (9),
                Jamais vous n'en serez les maîtres.
                Qu'on lui ferme la porte au nez,
                Il reviendra par les fenêtres.
     

     Source: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/chatrans.htm

    ===================

     Le Berger et la mer. (Fable de La Fontaine)

     

    retour à l'accueil

     

    « Eglise en bois debout de Borgund, Norvège. 9ième de la série des 50 belles églises dans le monde) Un dessin très original, penchez votre tête à droite et ensuite à gauche. Sculptures sur coquilles d'oeufs.(diaporama) »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    8
    Dimanche 5 Avril 2015 à 08:12

    Joyeuses paques ! 

    7
    Samedi 4 Avril 2015 à 22:17
    erato:

    Une fable bien réelle!

    Douce soirée, belles fêtes de Pâques , bises Nadia

    6
    Samedi 4 Avril 2015 à 11:42

    Passe de Joyeuses fêtes de Pâques  bisous

    5
    Samedi 4 Avril 2015 à 11:37

    chasse le naturel il revient au galop

    4
    Samedi 4 Avril 2015 à 10:15

    Surtout que mes chattes restent chattes, elles sont si belles telles qu'elles !

    Pas besoin de devenir humaines, en fait elle le seraient moins, je me comprends !

    Bisous 

    Nicole 

    3
    Samedi 4 Avril 2015 à 09:59

    Bonjour

    Très beau poème!

    J'espère que tu vas bien

    Joyeuses Pâques

    Bisous

    2
    Samedi 4 Avril 2015 à 09:53

    coucou

     

     

    tyrtyrt.png

    cadeau : un cluster pâques

    joyeuses fêtes de pâques

    bisoussssssssss

     

    1
    Samedi 4 Avril 2015 à 06:57

    bonjour nadia,

    magnifique j'adore !! merci du partage. quel temps au canada (interrogation) ... passe une bonne journée, bises, véronique

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :