• L'Araignée et l'Hirondelle (Fable de La Fontaine)

     

     

    Jean de La Fontaine  Fables

    Livre dixième

    VI.
    L’Araignée & l’Hirondelle.

    Ô Jupiter, qui ſceus de ton cerveau,

    Par un ſecret d’accouchement nouveau,
    Tirer Pallas, jadis mon ennemie,

     

    Entends ma plainte une fois en ta vie.
    Progné me vient enlever les morceaux :
    Caracolant, friſant l’air & les eaus,
    Elle me prend mes mouches à ma porte :
    Miennes je puis les dire ; & mon rezeau
    En ſeroit plein ſans ce maudit oyſeau ;
    Je l’ai tiſſu de matiere aſſez forte.
    Ainſi d’un diſcours inſolent,
    Se plaignoit l’Araignée autrefois tapiſſiere,
    Et qui lors eſtant filandiere,
    Pretendoit enlacer tout inſecte volant.
    La ſœur de Philomele, attentive à ſa proye,
    Malgré le beſtion happoit mouches dans l’air,
    Pour ſes petits, pour elle, impitoyable joye,
    Que ſes enfants gloutons, d’un bec toûjours ouvert,

     

    D’un ton demy formé, bégayante couvée,
    Demandoient par des cris encor mal entendus.
    La pauvre Aragne n’ayant plus
    Que la teſte & les pieds, artiſans ſuperflus,
    Se vid elle-meſme enlevée.
    L’hirondelle en paſſant emporta toile, & tout,
    Et l’animal pendant au bout.
    Jupin pour chaque état mit deux tables au monde.
    L’adroit, le vigilant, & le fort ſont aſſis
    À la premiere : & les petits
    Mangent leur reſte à la ſeconde.

     

      JEAN DE LA FONTAINE

    Livre X, fable 6


    L'Araignée et l'Hirondelle

    Ô Jupiter, qui sus de ton cerveau,
    Par un secret d’accouchement nouveau,
    Tirer Pallas (1) , jadis mon ennemie,
    Entends ma plainte une fois en ta vie.
    Progné (2) me vient enlever les morceaux
    Caracolant, frisant l’air et les eaux
    Elle me prend mes mouches à ma porte
    Miennes je puis les dire ; et mon réseau
    En serait plein sans ce maudit Oiseau ;
    Je l’ai tissu (3) de matière assez forte.
          Ainsi, d’un discours insolent,
    Se plaignait l’Araignée autrefois tapissière,
          Et qui, lors étant filandière,
    Prétendait enlacer tout insecte volant.
    La soeur de Philomèle (4), attentive à sa proie,
    Malgré le bestion (5) happait mouches dans l’air,
    Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie,
    Que ses enfants gloutons, d’un bec toujours ouvert,
    D’un ton demi-formé, bégayante couvée,
    Demandaient par des cris encor mal entendus.
          La pauvre Aragne n’ayant plus
    Que la tête et les pieds, artisans superflus,
          Se vit elle-même enlevée.
    L’Hirondelle en passant emporta toile, et tout,
          Et l’animal pendant au bout,
    Jupin pour chaque état (6) mit deux tables au monde.
    L’adroit, le vigilant, et le fort sont assis
          À la première ; et les petits
          Mangent leur reste à la seconde.

    Source: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/deperoifis.htm

    ====================

     Le Berger et la mer. (Fable de La Fontaine)

     

    retour à l'accueil

     

    « Histoires: Quand c'est bien expliqué??? Petite histoire d'un homme blond...Divorce pour compatibilité de caractère...Une toile au cirque d'hiver. Le petit chemin vert. (Anecdotes insolites sur Paris) (49 et 50) »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    9
    Jeudi 20 Novembre 2014 à 16:02

    et encore une découverte

    8
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 22:39
    erato:

    Je ne connaissais pas cette fable.Merci Nadia pour la découverte.

    Belle soirée, bises Nadia

    7
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 15:08

    Bon mercredi Nadia vraie. Eh bien voilà une découverte pour moi je ne savais pas que Jean De La Fontaine avait fait une fable avec une araignée !!! 

    6
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 10:14
    LADY MARIANNE

    j'ai voté mais il faut revenir à la page d'accueil-
    une belle fable encore !! ça faisait longtemps !!
    merci Nadia- bon mercredi-

    5
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 08:52

    ca fait longtemps que nous avons une fable chez toi ! bonne journée

    4
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 08:09
    claudine/canelle

    Une fable moins connue mais toute aussi interessante !!

    Merci à toi 

    Bises

    3
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 08:04

    Bonjour et merci pour ce beau partage


    je viens de voter et ça a marcher 


    je te souhaite une bonne journée


    Bises

    2
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 07:46

    Bonjour Nadia,

    Je ne recevais plus ta newsletter, forcément puisque j'ai changé d'adresse mail, mais bon me voilà de nouveau inscrite et sur ton joli blog !

    Je ne me souviens pas de cette fable ! pourtant j'ai une bonne mémoire ! Passe une bonne journée, bises, Véronique

    1
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 07:26

    Comme dit si bien Pierre Péchin  T'y bouffes, t'y bouffes pas t'y crèves quand même !

    Alors .....yes

    Bisous 

    Nicole 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :