• Fable de Lafontaine: L'Ours et les deux compagnons.



    "Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours / Qu'on ne l'ait mis par terre "


    Jean de La FontaineFables de La Fontaine

    L’Ours et les deux Compagnons
    L’Ours et les deux Compagnons
    Deux compagnons, pressés d’argent,
    À leur voisin fourreur vendirent
    La peau d’un ours encor vivant,
    Mais qu’ils tueroient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent.
    C’était le roi des ours au compte de ces gens.
    Le marchand à sa peau devoit faire fortune ;
    Elle garantiroit des froids les plus cuisants ;
    On en pourroit fourrer plutôt deux robes qu’une.
    Dindenault [1] prisoit moins ses moutons qu’eux leur ours :
    Leur, à leur compte, et non à celui de la bête.
    S’offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
    Ils conviennent de prix, et se mettent en quête ;
    Trouvent l’ours qui s’avance, et vient vers eux au trot.
    Voilà mes gens frappés comme d’un coup de foudre.
    Le marché ne tint pas ; il fallut le résoudre :
    D’intérêts contre l’ours, on n’en dit pas un mot.
    L’un des deux compagnons grimpe au faîte d’un arbre;
    L’autre, plus froid que n’est un marbre,
    Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent [2],
    Ayant quelque part ouï dire
    Que l’ours s’acharne peu souvent
    Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respire.
    Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce panneau :
    Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie ;
    Et, de peur de supercherie,
    Le tourne, le retourne, approche son museau,
    Flaire aux passages de l’haleine.
    C’est, dit-il, un cadavre ; ôtons-nous, car il sent.
    À ces mots, l’ours s’en va dans la forêt prochaine.
    L’un de nos deux marchands de son arbre descend,
    Court à son compagnon, lui dit que c’est merveille
    Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
    Eh bien ! ajouta-t-il, la peau de l’animal ?
    Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
    Car il t’approchoit de bien près,
    Te retournant avec sa serre. —
    Il m’a dit qu’il ne faut jamais
    Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre.


    Jean de La Fontaine, Fable XX, Livre V.

     

     

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  • Commentaires

    26
    Lundi 10 Novembre 2008 à 22:00
    De vieux souvenirs. J'avais appris cette fable à l'école
    25
    Samedi 8 Novembre 2008 à 21:11
    Comme quoi....

    Bisous bisous 
    24
    Samedi 8 Novembre 2008 à 20:36
    Merci Nadia pour cette fable, La Fontaine je ne m'en lasse pas :-)))
    Bon we !
    23
    Samedi 8 Novembre 2008 à 01:25
    bonsoir
    une fable qui a une belle morale, la Fontaine était vraiment très fort
    bonne soirée
    doque
    22
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 23:51

    La Fontaine est un très grand poète et nombre de ses sentences, nombres de ses vers sont entrés dans la mémoire collective en tant que proverbes : et quel superbe observateur de l'humanité et des animaux.Merci Nadia et passe une bonne fin de semaine.

    21
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 20:51
    Je vois que notre grand fabuliste t'inspire !! merci de lui rendre hommage
    20
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 09:52
    Et il ne faut pas non plus crier à la mort du jardin avant d'avoir vu tout ce qui va encore jaillir de sa bonne terre... c'est juste qu'en hiver, son activité se ralentit ! ;)

    J'ai trouvé ce matin tes 2 com un peu tristes d'hier, alors je te dépose ici ce que j'y ai répondu, pour t'éviter de faire le voyage exprès pour le lire :

    "Moi aussi je suis un peu triste, Nadia, et je comprends ce que tu éprouves. Mais je suis sûre que ce nouveau rythme sera bénéfique à tout le monde une fois passé le choc de la surprise : aux graines anciennes qui pourront être redécouvertes si les visiteurs ont la patience de les chercher, à moi qui me sentirai plus sereine, et même à vous car du coup, j'aurai plus de temps pour vous visiter... Je ne détruis rien, je change simplement de rythme, comme les saisons. ;)

    Et toi-même, tu vas avoir le temps d'ouvrir toutes les graines que tu regrettes toujours de ne pas avoir vues, maintenant... tu vois, tout est pour le mieux. :)"

    Je t'embrasse et je n esuis pas loin du tout, ne sois plus triste. :)
    19
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 09:40
    Oh là là, qu'elle était longue à apprendre! Je ne l'ai jamais sue par coeur mais j'en ai bien retenu la morale, je la cite souvent, elle est toujours d'actualité.
    Bisous Nadia    Yvette
    18
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 07:26
    J'aime beaucoup les fables de la Fontaine..... Celle ci est moins connue merci de me l'avoir rappelée.
    17
    Vendredi 7 Novembre 2008 à 05:54
    Ah La Fontaine, j'adore et tu me fais bien plaisir.
    Je voulais te remercier pour tes voeux et tes pasages chez moi. j'avoue manquer énormément de temps en ce moment pour passer chez tout le monde mais je voulais toutefois prendre un tout petit peu de celui ci pour venir te remercier pour tant de gentillesse, une qualité que j'apprécie.
    bisous à toi et douce fin de semaine,
    Syl
    16
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 21:17
    Une morale que l'on répète souvent, encore de nos jours.
    bisous
    15
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 20:53
    C'est une maxime que j'ai souvent en tête ... mais il est toujours plaisant de relire cette fable ... Bonne fin de semaine Nadia ! Bisous
    14
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 18:31

    Mais coment fais tu donc pour mettre tous ces articles,
    quel cerveau vais-jr donc rencontrer???
    Bonne soirée  .Biz Fichier hébergé par Archive-Host.com

    13
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 18:08
    Voilà le genre de lecture qu'il faut s'arrêter et lire attentivement, j'aime les messages et la morale qu'elle apportent. Les Fables ont ce petit côté qui parlent à tous petits et grands. Ce sont de belles leçons de vie en effet.

    Bonne journée Nadia-vraie !
    12
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 18:00
    Merci! ça faisait longtemps que je n`avais pas lu une fable de la Fontaine

    Bonne journée!
    11
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 17:02
    eh oui...faut dire ça aux banquiers et aux courtiers en bourse ah ah ah ...
    besos
    tilk
    10
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 14:13

    Je trouve l'histoire très morale. on ne vend pas ce qu'on ne possède pas encore ! Il y a beaucoup de bon sens dans les fables...Bises.

    9
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 14:12

    Je trouve l'histoire très morale. on ne vend pas ce qu'on ne possède pas encore ! Il y a beaucoup de bon sens dans les fables...Bises.

    8
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 13:24

    Bonjour Nadia, comment vas-tu?

    Merci pour ce beau billet :)

    7
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 13:15
    La morale est devenue pluscélèbre que la fable elle même.
    Elle est tellement vraie.
    Bonne journée
    6
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 10:25

    Je connais pas mal de fables de Jean de La Fontaine, mais celle-ci m'a trituré les méninges. Ceci dit, c'est avec plaisir que je reviens sur votre blog pour découvrir l'autre bout du monde.

    5
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 08:29
    merci pour cette fable!
    bon jeudi
    4
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 08:21
    un petit coucou et un petit bisous rapide avant d'aller voir la petite fille
    bisous
    pat
    3
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 07:52
    en ce jour de rentrée scolaire, après 10 jours de vacances, attaquer avec Lafontaine...ça remet dans le bain.....
    2
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 06:45
    Cela me rappelle mon enfance, merci et bisous
    1
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 06:19
            carambaole-copie-1.jpg
    bonjour un passage matinal sur
    votre blog et un billet plaisant
    et interressant ,
    si vous passez chez moi,j'aimerais
    votre avis sur une lettre ouverte
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